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Charte Matériel « Performance et Santé »

  • Juil 03 / 2016
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Charte Matériel « Performance et Santé »

De la nécessité de « bonnes pratiques en matière de choix, d’achat, d’utilisation et d’entretien des matériels d’exploration de l’aptitude et de pratique des activités physiques

L’une des difficultés importantes rencontrée par les responsables des Plateaux Techniques pour mener à bien leurs missions d’évaluation et de suivi des pratiquants des APTESIMAL, (activités physiques réalisées dans le cadre du travail, de l’enseignement, du sport, des investigations scientifiques, de la médecine, des arts et des loisirs), est une absence de formation scientifique et technique en ce qui concerne les matériels utilisés. Cette difficulté est aggravée par la conception « fermée » des systèmes commerciaux qui leur sont proposés par ailleurs généralement de conception et de réalisation étrangère. Cette méconnaissance, à l’origine d’un surcoût important des actes diagnostics dans le secteur de la Médecine de soins, (origine que les pouvoirs publics responsables tentent bien évidemment de passer sous silence), est majorée par les caractéristiques propres des conditions d’exercice de la Médecine du sport, le bénévolat, l’isolement, le temps partiel, l’individualisme, la faiblesse des moyens … qui ne permettent aucun investissement personnel susceptible de compenser cette lacune. La plupart des médecins, les responsables des plateaux techniques en particulier, sont donc une proie toute désignée pour les soi-disant technico-commerciaux peu scrupuleux, quand ceux-ci ne sont pas en plus de simples commerciaux ou des pseudo-commerciaux, non diplômés, voire ex-étudiants en médecine ou kinésithérapie n’ayant pu passer la barre des premières années, éventuellement aigris ou revanchards dont le seul but devient alors d’exploiter ce système fragile. Les anomalies que nous avons ainsi pu relever au cours des audits ou expertises réalisés aussi bien à titre privé que pour le Ministère de la Défense ou de la Jeunesse et des sports vont du choix et de l’achat inadapté ou inutile de matériel qui restera au fond d’un placard, aux matériels défectueux, aux fausses pannes abusivement facturées, aux vraies pannes nécessitant des mois de tergiversations, aux spécifications techniques falsifiées, aux livraisons incomplètes, à l’absence de notice technique en français… le tout souvent accompagné de surfacturations non compensées par des pseudo-remises ou des pseudo-avantages sous forme de remise « gratuite » d’autres matériels inutiles, ou de remises « personnelles » conduisant les bénéficiaires à participer de façon plus ou moins illicite à des publicités mensongères et autres pratiques douteuses.

Les principes rappelés ci-après font actuellement l’objet d’une réflexion de fond menée par le Comité Scientifique et d’Ethique de l’ASTB, en particulier des collèges  » I  » et  » M  » (investigations physiologiques, évaluation, ingénierie, recherche et épreuves médicales diagnostiques et thérapeutiques, rééducation).

L’acquisition d’un matériel d’exploration ou de pratique d’une activité doit être motivé par le souci d’offrir aux acteurs sportifs les meilleurs outils permettant de

connaître et/ou d’optimiser de façon durable leur potentiel individuel

Les termes de « durable » et « individuel » mettent en exergue le fait que la performance n’a de réelle valeur humaine que relativement à soi-même et dans la mesure où elle offre à chacun les moyens d’une indépendance motrice et d’une liberté individuelles les plus longues possibles. Si la Charte Performance et Santé n’exclut pas la compétition inter-individus, elle privilégie bien évidemment la recherche de l’excellence individuelle ce qui implique une lutte contre les activités ou les règles pathogènes et une amélioration de la santé. Elle exclut donc toutes les pratiques délétères et les déviances que véhicule de plus en plus la compétition dite de « haut niveau », tricherie, violence, dopage, profit à tous prix et à court terme…

Il devient donc évident que les caractéristiques techniques des matériels envisagés doivent respecter au-delà de la qualité scientifique, des objectifs forts dans les deux domaines privilégiés de l’éducation et de la santé. Ces objectifs doivent se retrouver à chacune des étapes pratiques qui conduisent de l’évaluation des besoins hypothétiques à la sélection, l’acquisition et la maintenance des matériels.

Matériel d’évaluation et de suivi

Expression des besoins métrologiques

Cette étape se concrétise par l’élaboration d’un cahier des charges comprenant, outre la liste des matériels nécessaires et l’établissement d’un budget prévisionnel, un descriptif par type de matériel des caractéristiques techniques souhaitées. Mais il est indispensable au préalable et avant toute acquisition :

  • de hiérarchiser les témoins physiques et biologiques que l’on cherche à mesurer en fonction de leur importance respective dans les différents domaines rappelés en préambule et de leur situation dans une stratégie optimisée de meilleur rapport qualité/prix de l’évaluation et du suivi comme celle développée dans la méthodologie APTEVAL,
  • de situer le type de mesure à réaliser dans cette hiérarchie et d’apprécier l’utilité du matériel correspondant dans la détermination de ce témoin mais aussi dans celle des autres témoins de la démarche méthodologique habituelle,
  • de prendre en considération l’ensemble de la prestation à satisfaire, de la mesure jusqu’à la transmission des résultats exploités aux acteurs sportifs et à leur encadrement, dernière étape fondamentale dont la réussite dépend entre autres de la rapidité d’exploitation et de restitution des résultats sous une forme accessible à tous.

 

Sélection des matériels de mesure

Cette deuxième étape débute par la recherche des matériels et des fournisseurs correspondants et une présélection a priori de ceux répondant aux critères du cahier des charges élaboré lors de l’étape précédente. Trois phases seront donc distinguées :

 

PrésélectionSélection initialeSélection définitive

Compte tenu d’une grande pauvreté du tissu industriel français dans le domaine de la fabrication de matériels de génie biologique et médical voués à l’évaluation et au suivi, deux écueils importants seront à éviter :

  • la présentation publicitaire alléchante réalisée par des commerciaux n’ayant ni compétence scientifique dans ce domaine, ni compétence en ingénierie biomédicale,
  • la fausse satisfaction des utilisateurs piégés par ces mêmes commerciaux condamnés à tricher sur les résultats pour éviter les sanctions hiérarchiques ou les critiques de leurs pairs.

Pour éviter ces deux écueils il est nécessaire de réaliser une recherche exhaustive préalable grâce aux outils classiques que sont les revues scientifiques et autres bases de données spécialisées et de lister les publications et les équipes faisant habituellement appel à ces techniques. Une présélection peut ensuite se faire sur l’avis des commerciaux et des utilisateurs mais en prenant comme premier critère de référence leur éthique plutôt que leurs références financières, commerciales ou publicitaires. Cette démarche, probablement la plus difficile, relève bien évidemment d’une aptitude personnelle à cerner le profil psychologique de la personnalité de ses interlocuteurs.

La présélection se complète d’une demande d’envoi des devis et des dossiers techniques correspondants (et non pas des plaquettes publicitaires) et d’une expertise de la conformité des prestations techniques avec les besoins exprimés dans le cahier des charges, expertise à réaliser à la fois par l’acquéreur ou un expert indépendant désigné par l’acquéreur, à la fois par le vendeur.

Ces deux expertises doivent faire l’objet chacune d’un rapport écrit et signé transmis à l’acquéreur, ce qui permet d’imposer au vendeur une obligation de résultats et de juger rapidement par simple comparaison de son degré d’honnêteté, d’éthique et de compétence.

Les matériels et les sociétés répondant a priori aux exigences précédentes doivent être informés de la nécessité d’une vérification en vrai grandeur de la conformité des spécifications techniques annoncées.

La fourniture du matériel préconisé et sa mise en œuvre initiale par le vendeur en présence de l’acquéreur potentiel ou de l’expert désigné est une étape fondamentale. Ceci permet de vérifier non seulement le bon fonctionnement du matériel proprement dit, mais aussi celui de la Société qui le distribue, lieu d’origine, temps de transport, délai de mise en route, qualité et compétence du personnel…

Ce premier essai doit être suivi d’une mise à disposition gratuite pour un délai conventionnel prédéterminé suffisamment long pour permettre d’expertiser les différents usages et prestations avancées. Les essais réalisés par un Laboratoire agréé indépendant désigné par l’acquéreur pour réaliser cette expertise feront l’objet d’un rapport écrit et signé garantissant la conformité des prestations annoncées.

 

Acquisition du matériel sélectionné

Cette dernière étape doit se concrétiser par la signature d’un contrat d’entretien pluriannuel garantissant en cas de panne une remise en état gratuite sur site dans un délai contractuel de quelques heures, assorti de pénalités horaires d’interruption temporaire de contrat en cas de dépassement. Ces pénalités doivent pouvoir couvrir les dommages que l’interruption de fonctionnement occasionnent au Centre d’évaluation et de suivi et à ses clients.

Pour couvrir les pannes non couvertes par le contrat précédent du fait d’un dépassement de la période de garantie et /ou d’un accident ou une utilisation défectueuse accidentelles, il est souvent utile de prendre ou de vérifier les clauses des contrats de garantie multirisques traditionnelles complémentaires. Ces demandes doivent se faire par téléphone ou mail ou fax couplées à une demande écrite par lettre recommandée avec accusé de réception mentionnant la date et l’horaire de la déclaration de panne.  

Panne couverte par la garantie pluriannuelle spécifique

  • pour une première demande d’intervention : diagnostic de panne et réparation ou échange standard de la pièce défectueuse accompagné du compte-rendu d’intervention daté et signé du réparateur,
  • pour une seconde demande d’intervention : diagnostic de panne et échange standard du module ou de la totalité du matériel défectueux accompagné du compte-rendu d’intervention daté et signé du réparateur,
  • pour une troisième demande d’intervention : reprise avec certificat d’enlèvement de matériel et remboursement de la valeur du matériel à l’acquéreur.

Panne non-couverte par la garantie pluriannuelle spécifique

  • diagnostic de panne assorti d’un devis de remise en état du fournisseur selon tarification officielle du constructeur jointe pour autorisation de réparation datée et signée du demandeur,
  • réparation et compte-rendu de réparation conformes à l’autorisation signée du demandeur et accompagnés des pièces défectueuses ayant fait l’objet d’un échange standard signifié sur ce même compte-rendu.

Pour éviter les procédures interminables consécutives aux déficiences ou à l’insolvabilité de certaines sociétés, il est donc indispensable, non seulement d’apporter le plus grand soin à la rédaction des clauses de garantie et d’entretien, mais aussi de s’assurer là encore des qualités techniques et éthiques des fournisseurs, de leur situation géographique, des stocks de pièces et de matériels du SAV …etc.

 

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